Il a travaillé pour les costumes de films comme “RRRrrrr!!!”, “Taken” ou “Lucy”. Depuis des années, Olivier Bériot conçoit également les costumes de tous les spectacles du Puy du Fou ! Mardi dernier, nous vous donnions la parole sur Instagram pour lui poser vos questions. Voici donc ses réponses !

Quel parcours, quelles études avez-vous fait pour en arriver là ?

Je suis diplômé de la Chambre Syndicale de la Haute Couture et ai obtenu un diplôme de styliste modéliste à la fin des années 80.

J’ai ensuite passé 3 ans dans la mode puis 16 années d’assistanat de créateurs de costumes de spectacles : à l’opéra et au cinéma avant de devenir chef costumier.

 

Comment l’aventure Puy du Fou a-t-elle commencé pour vous ?

La Direction Artistique du Puy du Fou a repéré mes costumes lors du « Ballet de l’Amour Malade » de Lully, au Festival de la Chabotterie, chorégraphié par la Compagnie de danse « L’Eventail ».

 

Combien de temps mettez-vous pour faire les costumes d’un spectacle complet ?

Les projets se développent au Puy du Fou 2 ans en amont.

Période de documentation et de dessins : 1 à 2 mois

Période des fabrications de prototypes et de séries : 6 à 11 mois

 

Combien de temps prend la création d’un seul costume ?

On estime en moyenne 4 semaines de travail du dessin au passage sur scène.

C’est une moyenne ! Un costume simple de villageois médiéval peut s’exécuter en 10 jours alors qu’un costume qui va sous l’eau n’est abouti qu’après 3 mois de création et de couture.

 

Combien y a-t-il de costumes au total dans tout le parc ?

On estime aujourd’hui le vestiaire du Puy du Fou à 50 000 costumes.

 

Combien de temps a-t-il fallu pour concevoir le costume de Bouton d’Or ?

Dessin et documentation : 5 jours.

Prototype : 20 jours de couture et 10 jours de répétitions.

Production : 6 jours par costume.

 

Et pour la Sérafina ?

Dessins et documentation : 4 jours.

Prototype : 15 jours et 10 jours de répétitions.

Production : 5 jours par costume.

En quoi les costumes pour le Puy du Fou sont-ils différents de ceux du cinéma ?

La distance des spectateurs ! 10 mètres au minimum oblige à simplifier les détails, à affirmer les formes et les couleurs pour une lisibilité immédiate malgré la distance.

L’action et les mouvements de chaque spectacle rapprochent mon travail à celui fait avec les danseurs (classiques ou hip hop) et les cascadeurs du cinéma.

 

Plus résistants ?

La fréquence des représentations pluri-quotidiennes et l’éventail de tailles possibles obligent à penser les costumes : réglables, solides et lavables à l’eau.

 

Prenez vous plus de liberté, d’originalité dans le style des costumes du Puy du Fou qu’au cinéma ?

Oui.

Au Puy du Fou, on relit l’imaginaire de l’Histoire pour en donner une lecture fulgurante, joyeuse et intelligible par tous. Au niveau des costumes, de leur forme, de leur coupe et de leur couleur, on applique les règles du spectacle vivant qui est moins introspectif que le cinéma.

 

Des costumes du cinéma ont-ils été repris pour être ceux des spectacles ?

Non, jamais ! Le résultat serait catastrophique, hors sujet et illisible depuis la tribune du public.

 

Le Puy du Fou propose-t-il des formations dans le costume et l’habillage ?

Oui, dans le cadre de l’Académie Junior et au sein de l’Atelier de Costumes qui reçoit annuellement en stage des étudiants issus de formations variées : Diplômes des Métiers d’Arts de Costumier, habillage, entretien des costumes, travail du cuir pour les costumes, accessoirisation et bijoux.

 

Comment vient l’inspiration d’un costume ?

Il faut d’abord se baser sur la force de l’idée originale du spectacle auquel il est destiné. Il faut ensuite se poser les bonnes questions : Quel message ? Quelle durée ? Intérieur ou extérieur ? Comédien ou cascadeur ?

Ces réponses orientent la première documentation qui nous permet ensuite de réaliser les différentes séries de dessins puis de confectionner le premier prototype en tissu.

 

Quel est la part d’historique, et la part de créativité ?

La création d’un costume au Puy du Fou repose sur 3 piliers : 30 % d’historique, 30% de créativité et 40% de contraintes liées au spectacle lui même.

 

Quel est le costume du Puy du Fou dont vous êtes le plus fier ?

Celui du présentateur de « Mousquetaire de Richelieu » !

C’est le premier costume que j’ai livré au Puy du Fou. Je me suis inspiré d’un dessin de costume de spectacle baroque de Jean Bérain, costumier de Louis XIV, avec ses couleurs, son mélange de cuir, de plumes et de paillettes et ses drôles de chaussures vertes.

 

Celui qui vous a le plus marqué ?

Celui de Celeste Bulkeley au « Dernier Panache » !

Elle est cavalière en amazone et joue du violon. Elle m’émeut à chaque fois que je vois le spectacle.

 

Quel spectacle est le plus amusant à habiller ?

Le prochain : « Les Noces de Feu » ! C’est un défi technique car chaque artiste porte sous son costume une armure de lumière…

 

Quelle époque laisse le plus d’imagination, de créativité, au costumier ?

Le 17ème siècle avec les opéras et les comédies ballets. L’imagination des costumiers des rois avait peu de limites !

 

Les costumes de la Première Guerre Mondiale sont-ils plus simples à concevoir que les autres ?

Oui et non. Nous disposons effectivement de photos ou de vêtements authentiques dans les musées.

C’est une période proche de nous, nous pensons donc en avoir une connaissance indiscutable. Il n’y a pas de créativité au niveau du look. Il s’agit plutôt d’un travail de reconstitution avec les tissus d’aujourd’hui.

 

Avez-vous un atelier dans le Puy du Fou pour concevoir les costumes ?

Oui, c’est notre « Atelier de Costumes » ! Ici se côtoient le travail du tissu, du cuir, des perruques, des bijoux, des chapeaux, et aussi toute la logistique de distribution et de pressing.

 

Vous travaillez en équipe ou seul pour proposer un costume ?

Je travaille au début de chaque projet avec les documentalistes du Puy du Fou et avec un ou plusieurs dessinateurs qui travaillent chez eux.

Lorsque je présente une idée, je suis seul et je la fais valider par la Direction Artistique.

 

Quelles sont les exigences de votre métier ?

La passion, le goût de la fabrication et de la couture et le sens du temps.

L’amour du spectacle, cela veut dire une permanente joie à travailler en équipe !

Préparer un costume, c’est résoudre une quantité de problèmes liés à un spectacle et aider l’artiste et le spectateur qui sont ensemble face à face.

 

Travaillez-vous pour le Puy du Fou à l’international (Espagne, Chine) ?

Oui, je travaille depuis 3 ans sur le spectacle « El Sueño de Toledo » et sur les prochaines créations de Puy du Fou España pour 2021.

Il est encore trop tôt pour vous parler de la Chine 

 

Quel a été votre plus gros défi à relever au Puy du Fou ?

Le spectacle des « Orgues de Feu » jusqu’à maintenant et la création originale de cette année « Les Noces de Feu ».

 

Un indice sur les costumes pour « Les Noces de Feu » en attendant que l’on puisse les voir ?

Tout le travail des costumes les dessine dans la nuit comme des lumières qui glisseraient sur l’étang… et en musique, évidemment !

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