Il y a déjà un an, Olivier Bériot, chef costumier au Puy du Fou, répondait à vos questions sur Instagram, retransmises par la suite sur ce blog. Fort d’une longue carrière cinématographique, notamment pour les films « Lucy » ou bien « Valérian et la Cité des mille planètes » de Luc Besson, il travaille depuis 14 ans aux côtés du Puy du Fou, mais pas uniquement…

Vous avez peut-être admiré son travail sans le savoir en janvier 2021, car c’est en effet Olivier Bériot qui se cache derrière les costumes de Lupin, actuellement disponible sur Netflix. Vous ne le saviez-pas ? Il nous en dit aujourd’hui un peu plus…

Ce qui anime Olivier Bériot, c’est la création de costumes.

« Quand je travaille sur un projet, je lis d’abord le scénario. Par la suite, je me documente, je dessine puis je fabrique. Il s’agit de donner vie aux personnages à travers un costume. J’adore ça ! »

Il faut cependant prendre en compte que la carrière du chef costumier du Puy du Fou est bien rodée, étant passée par de nombreux projets différents.

Olivier Bériot nous explique ainsi la principale différence entre son emploi du temps au Puy du Fou et celui du monde du cinéma : le rétro-planning. Les costumes sont pensés par nos talents des années avant même la naissance concrète et matérielle d’un spectacle au Puy du Fou. Ceux du cinéma, comme pour la série Lupin, sont réfléchis « seulement » 6 mois à l’avance. Néanmoins, le défi reste le même : retranscrire la personnalité d’un personnage grâce à ses vêtements. Et quand on se réfère à la carrière d’Olivier Bériot, le fil d’Ariane entre toutes ses créations, c’est le mélange des époques.

@Stéphane Audran

La Belle Époque, le 18ème siècle, le Grand Siècle, la Renaissance, le Moyen-Âge, l’Antiquité… Le chef costumier traverse toutes les époques au Puy du Fou. C’est également le cas pour Lupin. Pour Olivier Bériot, ce mélange lui permet de reconstituer des icônes de tous horizons. Son interprétation du personnage d’Assane Diop, incarné par Omar Sy, s’appuie donc, comme au Puy du Fou, sur un travail de recherche effectué en amont.

« Pour Lupin, nous avons décidé d’associer des éléments de la culture traditionnelle européenne à ceux plus actuels, de la culture Anglo-Saxonne ou New-Yorkaise. L’idée était de lui donner un look digne de la Silicon Valley. »

Les difficultés rencontrées sont-elles cependant les mêmes selon la structure, l’origine et le but du projet ? La réponse d’Olivier Bériot est sans appel : les obstacles rencontrés au Puy du Fou ne sont pas les mêmes que ceux sur le tournage de Lupin.

« Quand on sait que le « Dernier Panache » peut être joué jusqu’à 900 fois par saison, ou bien encore que les danseuses n’ont que 20 secondes pour enfiler une robe 18ème, il faut évidemment concevoir des costumes esthétiquement beaux, mais aussi quotidiennement confortables. »

Au cinéma, les difficultés viennent plutôt des détails du personnage, des acteurs… et du tournage en lui-même !

Il va sans dire qu’au Puy du Fou, l’arrêt sur image est impossible. Le spectacle se joue sans pause, se ressent sur le moment. Au cinéma, et surtout depuis l’ascension des plateformes de streaming, il faut composer avec des contraintes qui leur sont propres. La distance entre vous et les voltigeurs du « Secret de la Lance » n’est pas la même que celle avec votre smartphone ou votre tablette lorsque vous regardez Lupin. Les plateformes de streaming veulent, de plus en plus, établir un lien étroit entre leur contenu et le public : quel élément va-t-il remarquer, copier et communiquer ? Eh oui ! Vous n’êtes certainement pas passés à côté du panache de Charette, tout comme des « Nike Air Jordan 1 » de Lupin.

« Oui, les chaussures de Lupin ont beaucoup fait parler. L’action se déroule dans les années 90 mais tout le monde a remarqué que ses chaussures dataient de la saison dernière. Ce sont des petits détails qui forment un tout. »

Les projets d’Olivier Bériot sont nombreux et variés, mais toujours guidés par sa passion. Ses créations préférées ? Le Présentateur de « Mousquetaire de Richelieu » et le costume trois pièces de Lupin, lors de la vente aux enchères du collier de la reine. Tous deux des citations classiques du vestiaire masculin. L’un inspiré du costumier de Louis XIV, Jean Bérain. Le second inspiré d’un tailleur londonien, Ozwald Boateng. Tous deux costumes d’ouverture. Tous deux créés par le « Caméléon du Costume » comme il aime s’appeler, car Olivier Bériot s’adapte à chaque projet.

La passion emporte donc Olivier Bériot vers de nombreux horizons : le cinéma, la danse ou l’opéra, mais, selon ses dires, il gravitera toujours autour du Puy du Fou. Et heureusement pour nous, la gravité semble faire les choses à merveille…

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